La course chez l’amputé
La phase d'absorption
Le contact initial jusqu’à la phase d'appui intermédiaire est considéré comme la période d'absorption. Dans cette période, le membre inférieur agit en tant qu'amortisseur pour le corps, réduisant considérablement la réaction au niveau du sol transmise par le membre, qui peut être deux à trois fois plus importante que le poids du corps.
Lorsque le pied heurte le sol, une force rétroactive est générée par la contraction puissante des muscles extenseurs de la hanche, alors que les abducteurs de hanche permettent la stabilité nécessaire du bassin. La stabilisation musculaire, couplée au mouvement des articulations, crée un ressort biomécanique qui réduit les effets des forces de réaction provenant du sol.
Lorsque les amputés courent, il y a une absence de force de réaction lors de l'impact sur la prothèse. Cette réduction de la force de réaction du sol suggère que les amputés absorbent et produisent moins d'énergie avec leur prothèse. La réduction de l'énergie générée par prothèse pourrait être le résultat d'une utilisation plus passive du membre, ou par la présence d'une contraction isométrique des muscles.
Lorsque l'amputé tibial (AT) touche le sol avec sa prothèse, une force de rappel en arrière est immédiatement générée par la musculature de la hanche du même côté. Ceci nécessite entre deux et trois fois plus de travail que pour le membre sain, afin d'aider à déplacer le corps au-dessus du pied stationnaire, et à compenser en partie la perte de flexion plantaire active de la cheville.
Probablement la différence entre les débutants et les coureurs amputés tibiaux entraînés est la plus notable pendant le contact initial, la flexion du genou est souvent absente chez le coureur débutant. Cependant, avec un entraînement approprié, la force, et une longueur de moignon adéquate, une flexion comparable du genou peut être obtenue avec le membre amputé.
La longueur du moignon et le volume de masse musculaire jouent un rôle significatif en déterminant le potentiel de course des amputés fémoraux (AF).
Phase d'accélération
"Phase d'accélération" du cycle de course, pendant lequel le corps se déplace de la phase d'absorption d'énergie jusqu'à la phase d'accélération. A ce moment, la majorité de la propulsion vers l'avant du corps provient du balancement du membre opposé et des bras.
Les amputés tibiaux entraînés peuvent réaliser des mouvements de flexion extension semblables à ceux coureurs non amputés pendant la séquence. La contraction du quadriceps, couplée aux muscles du mollet, permet la stabilité adéquate du genou. L'utilisation du Flex Foot en forme de "J", qui permet une dorsiflexion contrôlée, est considérée par beaucoup comme très importante dans le contrôle de la stabilité de la flexion du genou. En fait, le Flex Foot s'est avéré utile pour permettre un travail plus physiologique de la hanche et des muscles extenseurs du genou tout au long de la phase d'appui.
Lorsque la hanche atteint le maximum d'extension, tous les mouvements sont passifs pendant la phase d'appui terminale excepté les adducteurs de la hanche, qui se contractent pour maintenir la stabilisation du bassin. La flexion plantaire maximale est le résultat d'un mouvement rapide du tibia au-dessus du pied, créant un levier rigide au niveau du pied permettant de libérer l'énergie élastique. Pendant la course, plus de la moitié de l'énergie élastique est stockée dans deux ressorts, que sont le tendon d'Achille et la voûte plantaire.
Lors de la phase terminale d'appui, le travail musculaire total du coureur amputé tibial du côté de la prosthèse représente la moitié de celui mesuré pour le membre sain et chez les coureurs non amputés. Ceci ne surprend pas, vu l'absence des fléchisseurs plantaires. Pour compenser, celà représente approximativement une augmentation de 75 pour cent du transfert d'énergie à partir de la jambe saine lors de la phase de balancement pour les amputés.
La flexion de hanche est générée par une contraction puissante des fléchisseurs de la hanche. La stabilité et la ligne de progression du membre sont maintenues en stabilisant les contractions des muscles abducteurs et adducteurs de la hanche. Le travail mécanique, ou l'énergie générée par les fléchisseurs de la hanche côté sain, s'est avéré être plus de deux fois plus important que celui des coureurs non amputés, avec un travail côté prothèse étant supérieur à la normale, mais pas aussi élevé que du côté sain
Phase de décélération
Pendant que le pied se prépare à toucher le sol, les muscles se contractent pour propulser le corps en avant, tout en absorbant les forces de réaction du sol. Les extenseurs de la hanche fonctionnent de façon excentrique pour ralentir la cuisse et la jambe pendant la phase terminale de balancement, et étendre la hanche en avant immédiatement avant le contact initial. Les muscles abducteurs et adducteurs de la hanche se contractent pour stabiliser le bassin lorsque le contact initial est imminent.
Les coureurs amputés tibiaux tendent à avoir des pics de vitesses angulaires maximales en flexion et en extension plus bas, ainsi que des angles maximaux de flexion de la hanche et du genou.
L'amputé tibial doit également contracter les muscles du membre inférieur de la même façon que les non amputés pendant l'oscillation terminale. Le genou devrait être légèrement fléchi et, comme indiqué plus tôt, il y a une réduction des forces lorsque le membre se prépare à toucher le sol.
L'amputé fémoral doit s'appuyer sur un genou prothétique en extension. Initier une force vers l'arrière avant le contact n'accélérera non seulement le corps vers l'avant, mais assurera simultanément le maintien de l'extension du genou.
Le balancement du tronc et des bras
Pour une personne amputée, le balancement des bras est extrêmement important, bien qu souvent difficile à maîtriser. Un effort de concentration est nécessaire pour maintenir une oscillation symétrique des bras, particulièrement lorsque la vitesse augmente et que les jambes ont tendance à perdre la symétrie du mouvement.
Les amputés fémoraux ont tendance à une plus grande abduction du bras du côté de la prothèse, particulièrement lorsque le membre inférieur prosthétique est enlevé. Cette position défavorable de la jambe et du bras crée les forces d'opposition qui tendent à gêner la propulsion et augmentent la consommation métabolique.